Un jour ou l’autre les enfants, ça grandit

Les marques se sont longtemps comportées avec nous comme des parents avec leur progéniture.

Comme nos parents nous éveillaient à la vie, elles nous ont éveillé à la consommation, nous faisant faire nos premiers pas dans ce monde tout aussi merveilleux qu’inconnu. Elles ont veillé à notre quotidien, ont subvenu à nos besoins, à nos manques, à nos envies. Elles ont satisfait nos désirs, ont nourri nos rêves et parfois même, répondu à nos caprices.

Elles nous ont informés, éduqués, protégés, sécurisés, assistés, se rendant indispensables et nous rendant dépendants. Au fil du temps, elles sont devenues nos modèles, nos guides, nos héros.

Puis, les années passant, et alors que nous nous essayions de nous émanciper tels de jeunes adolescents impétueux et impatients d’exprimer leur libre arbitre, elles ont eu peur de nous perdre et nous ont fait des promesses toujours plus belles pour nous garder dans leur giron. Elles nous ont offert des spectacles, raconté des histoires fabuleuses pour nous émouvoir. Elles nous ont fait voyager, découvrir de nouvelles expériences, de nouvelles sensations. Elles nous ont donnée de l’argent de poche. Elles ont innové, se sont réinventées. Elles ont su ré-enchanter notre relation pour que jamais la routine ne s’installe ou que la distance ne se crée. Elles ont tout fait pour nous retenir. Tout fait pour qu’on les aime autant qu’elles nous aimaient.

Aujourd’hui, nous sommes de grandes filles et de grands garçons. Nous ne sommes plus ces êtres en devenir, à la fois naïfs et influençables, inconstants et instables. Nous avons cessé de croire au Père Noël, aux contes de fées. Nous savons que les parents ne sont pas super-héros, qu’ils ont des failles, des défauts et des limites. Qu’ils sont ordinaires. Nous les aimons pour ce qu’ils sont et ça nous suffit. Et puis, maintenant, nous usons de notre sens critique, nous avons notre mot à dire et détestons par-dessus tout qu’on nous infantilise, qu’on nous mène en bateau ou qu’on nous idéalise.

C’est ainsi que nous entrons dans une nouvelle ère de la consommation, où nous allons demander aux marques de cesser de nous raconter des histoires, d’en faire des tonnes. Nous allons nous dire les choses normalement, sereinement, sans avoir peur d’aborder les sujets qui fâchent et en nous traitant d’égal à égal. Bref, nous allons demander aux marques qu’elles commencent à nous considérer pour ce que nous sommes devenus : des adultes.

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